Archives de février, 2016

Le harcèlement est enfin reconnu dans notre pays à en être intégré dans les RPS. Il reste très probablement du chemin à faire afin d’en peaufiner son encadrement et sa résolution. L’essentiel est que cette reconnaissance soit enclenchée.

Il est évident que la cybercriminalité doit faire étendre cette reconnaissance sur le e-harcèlement ou le harcèlement en utilisant internet, sous quelque forme que ce soit.

Dans mon livre, « Net-profiling : analyse comportementale des cybercriminels », j’évoque ce sujet.

N’oublions pas qu’une personne fragile pour diverses raisons est la cible idéale. Commettre des (e-)harcèlements sur un profil « bien dans sa tête » ne prendra pas aussi facilement ! Un harcèlement subit a un impact violent qu’il soit fait dans le monde réel ou dans le monde virtuel. Toutefois, il est souvent relevé à juste titre que la différence est notoire entre les deux univers. En voici quelques raisons.

Il est nécessaire tout d’abord intégrer que le e-harcelement est effectué par un être humain malveillant ou maladroit (ce qui est plus rare), soit une personne qui vit dans le monde réel. Le ressenti n’est pas évident sur une victime de e-harcelement surtout si elle ne peut l’identifier.

Dans le monde réel, être victime de harcèlement se fait sur un univers clos et visible : on connaît l’endroit et on voit les personnes tout en s’en imaginant parfois de façon exagérée l’étendue. L’identification est plus simple à faire dans notre cerveau et sur notre affectif. Le fait de savoir où cela se passe aide à évaluer du harcèlement à la douleur qu’elle procure. On mesure sa zone spatiale bien plus facilement que dans le virtuel.

Mais ce que le virtuel autorise et toutes personnes malveillantes l’ont bien compris, c’est que les coups bas sont faciles. Pour une raison trop souvent occultée, l’avatar est activé pour se venger dans un univers sans frontières, limite et transversal. Je m’explique. Si une personne souhaite se venger de vous, dans le monde réel elle devra soit vous affronter seule et si vous avez du répondant ça sera plus difficile, soit devoir appuyer sa vengeance en s’entourant d’autres personnes pensant comme elle ou lui, ce qui sera plus contraignant pour la victime de se défendre. Alors que dans le monde virtuel, il suffit juste de se lâcher et sortir tout ce qu’on n’oserait pas dans le monde réel jusqu’à parfois se cacher sous une identité quelconque.

Ne pas mesurez qui est derrière cela et pourquoi on n’ose vous faire ceci est terriblement frustrant pour la victime. Comment répondre objectivement? Qui nous prend au dépourvus? Pourquoi moi? Est-ce que je connais la personne? Est ce vrai ! …

Les mesures dont nous disposons dans le monde réel n’ont plus court d’autant que la victime a rarement les moyens de répondre face à l’avatar du contexte ! C’est même l’un des objectifs ; faire en sorte que la victime soit sonnée brutalement sur un court terme sans pouvoir se débattre, tel un K-O sans s’imaginer devoir monter sur un ring !

Il est à noter aussi que le fait de répandre les propos et actes de harcèlement sur la toile envenime la chose sur les profils publics qui seront témoins involontaires de la situation… Internet à favorisé cette option dont les auteurs en mesure rarement la portée à le regretter bien souvent. Toutefois, chaque témoin de ce e-harcelement sera rarement silencieux puisque le jeu sera mené par le harceleur de façon à impliquer d’autres personnes dans ses actes manipulateurs. Les témoins se verront dans l’obligation de s’engager afin d’aider le harceleur qui sera positionné en victime, le rôle du manipulateur!  Ce qui entraînera d’autres rebonds de violences verbales difficiles à accepter par la vraie victime venant de gens qui ne la connaissent même pas et pourtant la juge!

La violence verbale est sur les 5 toxicités « parentales » de Susan Forward, la pire de toute. Les mots ont de lourds maux qu’ils faut soigner sans en négliger les impacts à long terme.

Enfin, la presse aime à monter en épingle les victimes de ces e-harcèlements dont certaines ont mis fins à leur jour. S’est-elle elle-même posé la question si elle ne faisait pas aussi du e-harcelement en ligne en proférant des propos sans preuve sur des personnes à qui on refuse une écoute? Le propre même de l’investigation qui exige aussi d’être au plus près de la neutralité !

Nadine TOUZEAU
Profiler, Net-profiler

Le fait n’a rien de nouveau : utiliser une foule pour se masquer est vieux comme le monde !

Évoquer que plus de terroristes ont profité du flux migratoire de plus de 2, 5 millions de personnes afin d’envahir l’Europe fait son chemin dans les esprits. Mais il est trop tard du fait que les marques ont été prises, qu’ils sont implantés sur le continent en nombre très important et probablement bien plus que les 5.000 évoqués dernièrement dans un article de VSD. 

Si de nombreux migrants sont de vrais réfugiés voulant fuir leur pays pour X ou Y raisons, ces flux ont été très probablement incités par des personnes malveillantes dans un but également de favoriser les infiltrations de terroristes et sympathisants ou dormants.

Au tout début des flux de migrants, j’ai visionné des vidéos ayant été faites par des amateurs ou journalistes afin de montrer le flux migratoire. De nombreux éléments sont facilement relevables et n’ont certainement pas échappé à mes « collègues » en sûreté et sécurité. Toutefois, j’ai décelé des profils qui pourraient fortement correspondre à des terroristes. Il ne faut que quelques secondes pour se faire.

L’image physique ou statique donne un ensemble de signes dont certains avec des incongruences afin de créer un préprofil qui nécessitera ou pas un focus. Il n’est pas besoin de détailler le potentiel de cette expertise sur plusieurs situations dans plusieurs contextes. Une fois ces profils décelés, l’intérêt est d’analyser la synergie entre eux puisqu’il s’agit d’un réseau très complexe avec des ramifications, étendu et rodé à la fois… Très vivant dans le darkweb! Ces résultats nous permettront de faire du prédictif de masse et donc de diminuer considérablement les risques d’attentats, rapts, vols de données ou patrimoine, etc…

Ainsi que je l’écrivais notamment dans mon livre « Net-profiling : analyse comportementale des cybercriminels » : « les délinquants de nos jours usent de toutes nos faiblesses afin de décupler leur réseau, ressources et actes. »

Aurons-nous enfin la volonté de les surprendre aussi et faire du prédictif!

Nadine TOUZEAU
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels