Archives de avril, 2016

C’est culturel en France, nous aimons nous reposer sur la simplicité en appuyant sur un bouton. Un art de vivre pas du goût de tous puisque notre pays sait aussi créer des cerveaux qui affectionnent peu la facilité.

De fait, en investigation, on remarque que les enquêtes sont appréhendées avec des « mallettes » remplies de tout ce qui permettra de retrouver l’assassin, le voleur, le violeur, le terroriste même. Et c’est sur les résultats de cette boite à outil que l’enquête s’orientera et se soldera trop souvent.

C’est ainsi que nous avons créé de nombreux « Cold Case » (à savoir des affaires mal ou trop vites classées) , nous donnant leader au monde sur le sujet, dont l’un des plus célèbres est « L’affaire Omar ».

Bien évidemment que ces mallettes et tous les outils qui permettent d’étayer l’enquête pour la faire avancer et obtenir des preuves sont nécessaires, mais les cerveaux analytiques n’en sont-ils pas laissé pour compte?

Combien d’enquêteurs se sont vus non entendus sur des suspicions, suggestions, ressentis sur des affaires?

Ne se reposer que sur des logiciels, moyens, matériels est une source d’erreurs manifestes. Il faut analyser véritablement et tout en remettant le compteur à zéro sur chaque affaire, même si elle en rappelle une autre. Cela paraît simple et beaucoup pensent le faire, les résultats indiquent trop souvent le contraire. Manque de connaissances, manque d’effectifs ou pressions font le jeu des délinquants s’appuyant sur nos faiblesses afin d’oeuvrer plus sereinement.

Les sciences du comportement sont considérées comme parties prenantes du Forensic et sont nettement mises en avant dans des structures d’investigations anglo-saxonnes. Ces équipes sont constituées davantage de profilers (et non criminologues) que de « mallettes »!

Des cerveaux agissent. La machine la plus performante au monde est notre cerveau à condition de bien vouloir en développer son potentiel. Ces cerveaux bien préparés sauront réagir plus vite qu’une machine et intégrer les données en les analysant rapidement afin d’être dans le prédictif instantané. En ce qui concerne mon métier de profiler en tout cas.

Le monde interactif oblige à travailler en ce sens et les paramètres n’incluront jamais la réflexion qui trouvera la faille afin de déjouer les moyens mis en place. La cybercriminalité en est une parfaite illustration.

Si on se targue d’avoir acheté tel logiciel onéreux et peu accessible à tous, on ne peut considérer que notre sécurité est capable de prédictif. Former des bons analystes comportementaux et futurs profilers assurera de bien meilleur résultat et plus rapidement.

Nadine TOUZEAU
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

 

 

 

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