Quels profils virtuels peuvent influencer notre comportement ?

Publié: 20 juin 2016 dans Non classé
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Quelques indicateurs que j’ai observés depuis quelques années en analysant au travers des réactions d’autrui, le comportement sur les réseaux sociaux.

J’ai constaté plusieurs indicateurs de profils génériques avec des comportements en réseaux que j’ai regroupé en quelques familles nominatives comme suit :

Par Nadine TOUZEAU

Quels profils virtuels peuvent influencer notre comportement ?

  • Le « suiveur » : il suit des personnes accompagnant d’autres personnes souvent plus brillantes ou ayant une forte présence sur la toile sans forcément avoir une opinion tranchée, juste se sentant à l’aise avec les écrits ou un leader et sans réaction excessive. Il suit plus une ou des personnes, groupe qu’une pensée. L’influence comportementale est globalement une perte d’identité et le risque d’un dérapage en dommage collatéral suivant des comportements des personnes qu’il suit, sans obligatoirement le faire changer d’opinion. Il se reposera sur les écrits sans vraiment réfléchir ou avoir lu les propos. Dans le monde réel cela s’apparenterait à une accolade amicale avec un « je te suis » sans résistance. Dans le virtuel le suiveur se repose totalement derrière son écran « il l’a dit donc c’est bien » et sans mesurer les incidences. Il apparaîtra comme une bon petit soldat, alors qu’il pourrait juste avoir envie de survoler pour soutenir et combattre autre chose par ailleurs. Dans le réel il pourrait ne rien combattre du tout. Ce type de profil n’est pas dangereux une fois décelé et peut remettre en question son opinion face à des éléments concrets.
  • L' »influenceur » : il se démarque et propose une opinion, idée, nouveauté qui interpelle, dérange ou répond à des attentes. Comme son nom l’indique, il reste sur son chemin sans se préoccuper de ce que les autres peuvent dire. Linéaire, solitaire et indépendant, il attirera de nombreux type de profils adhérents ou pas à ses idées, expertises, etc. Il « maîtrise » son sujet, se démarque et est considéré en tant que tel sans jugement, sans toujours partager ses points de vue, mais avec respect. Son comportement sera plus de faire passer ses idées, connaissances sans influence ni intérêt réel pour le reste. Ces profils sont des leaders probablement plus dans le monde réel que virtuel, ils sont congruents, non influençables et alimenteront des personnes et structures en manque de souffle . Ils seront de faits très copiés et suivis, critiqués et admirés. Le danger de ses profils est la peur que les autres peuvent en avoir face à la nouveauté ou à la popularité de ces « influenceurs ». Ce type de profil est donc plutôt en danger et est une cible parfaite.
  • Le « radical » : profil qui est orienté ou leader pour défendre des opinions coûte que coûte. Il réagira au moindre appel de ses « troupes » ou sur un moindre mot ou post qui, majoritairement, sera mal interprété et sorti de son contexte. Adulé par ses acolytes, il perdra crédibilité par les autres. Les « radicaux » pourraient passer pour des « sauveurs et redresseurs de torts », ils resteront en vase clos à s’auto-alimenter de leurs soit-disantes success stories. Ceci peut essouffler la personne et le mouvement à faire avorter les projets ou mener au burn-out. Leur comportement est spontané, irréfléchi, fermé, orienté et vif, parfois agressif. Ils sont très influençables par les informations diffusées sur les réseaux sociaux à partir du moment que cela ente dans leur combat. Ils fonctionnent en bande sans obligatoirement se connaître et communiquent beaucoup entre eux avec pour moteur leur sujet de prédilection. Ils seront utilisés par des personnes malveillantes sans qu’ils ne s’en rendent compte, se sentant même valorisés. Dans le jugement de l’autre, ces profils sont les plus dangereux sur la toile et ont un potentiel de cyberbuyller.
  • Le « silencieux » : peut correspondre à plusieurs types de profils. Recherche d’informations, souhaitant s’informer, ne pouvant s’exprimer, refusant de se montrer sur la toile… tout est possible et ces profils ne sont pas à négliger. Il faut en décrypter les codes. Son comportement sur le web ne sera pas aussi caché qu’il le voudrait. Bien souvent ils se cachent par obligation propres à leur profession, propre à leur phobie ou propre à leur devoir. C’est donc une contrainte qui ne cachera pas d’autres comportements qui les feront sortir du bois. Ils ont souvent un ou plusieurs autres comptes, parfois sous leur vrai nom. Il faut se méfier des profils silencieux tant qu’on ne connaît pas leur « mobile ». Les cybercriminels de tout type sont des chercheurs silencieux.

Nonobstant, ses quatre grandes familles réseaux comportementales sont liées. Elles ne peuvent exister l’une sans l’autre. Et ce qu’il y a de plus surprenant, c’est que si majoritairement on se situe à un niveau, nous pouvons parfois avoir un comportement d’une ou plusieurs autres de ses familles que je cite.

L’interactivité des réseaux sociaux modifie en cas de forte utilisation le potentiel de discernement, soit par fatigue, soit par oubli d’analyser majoritairement sur des profils « influenceurs » et silencieux surtout. De fait, notre comportement sur le web s’est adapté et modifié en conséquence (et d’autres sujets non évoqués dans cet article). Il est intéressant de constater que dans la vie réelle, les incidences existent.

Notre baseline restera ce qu’elle est dans son origine, mais elle pourra être modifiée par un déclencheur, une faiblesse, une mauvaise interprétation… qui fera que l’on reproduira nos actes virtuels dans le monde réel. Pour exemple : nous lisons dans la presse qu’il y a de nombreuses grèves et avons peut être échangé sur la toile sur le sujet. Prenant un verre en terrasse de café, un mouvement de foule se fait entendre et inconsciemment la notion de grève sera prédominante dans la majorité des esprits… alors qu’il s’agit d’un mariage ! Ce comportement est plus actif chez  « les radicaux » qui agiront instantanément sur un mot, un post, un appel afin de faire passer leurs opinions en contrant le message sans se rendre compte que le sujet n’a rien à voir. Dans le monde réel aussi ! Ils ne décrochent pour ainsi dire pas.

Ce type de déclencheur avec une opinion précise et connue chez les victimes de traumatismes. Mais nous évoquons le monde réel. La transposition de notre vécu virtuel se fait ressentir et une des questions que je compte développer c’est : quand, à quel moment, de quelle manière et combien de temps selon quel type de profil ! La frontière comportementale entre le réel et le virtuel n’est pas si fine que cela.

Nadine TOUZEAU
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

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commentaires
  1. Via LinkedIn :
    Lionel Menapace :
    « Publication intéressante »

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