Articles Tagués ‘cyberbullying’

L’e-réputation est souvent un mot que l’on apprend à ses dépens lorsqu’on est soi-même victime de cyberbullying, diffamation ou d’une presse payée pour vous détruire (ce dont j’ai été victime, ce pour quoi je vais vous faire partager également ma propre expérience). C’est l’image de notre société d’aujourd’hui : reprendre des écrits dans la presse sans les contrôler, voire les analyser, diffamer envers une personne sans la connaître, critiquer un restaurant sans y avoir mis les pieds, commenter un produit parfois sans l’avoir acheté, sur la toile, sans preuve ni même une once de réflexion. Et faute de scandale à véhiculer, la presse en invente afin de développer son tirage sans se préoccuper des retombées pour les victimes, des individus (trolls) rédigent des faux commentaires afin de buzzer ou aider la concurrence ou encore par pure bêtise. Un cercle vicieux en somme à des fins de tenir ses lecteurs / followers y compris intellectuellement dans une spirale de plus en plus destructrice de l’homme qu’internet favorise.

Des injures, portes professionnelles fermées, doutes, incompréhensions, mort sociale, perte d’ami, souffrances de vos proches surtout vos enfants, s’ensuivent par ce que votre image a été entachée sur la toile alors que la plupart du temps, vous n’avez rien commis. H 24 et dans le monde entier cela reste visible, lisible et sauf à pouvoir vous défendre (en général on vous met une pression pour ne pas vous défendre telle que celle que j’ai subi qui consistait à me rappeler que j’avais deux beaux enfants, et, on vous refuse votre droit de réponse malgré le respect du droit bien appliqué), vous devez le subir avec tout ce que cela implique. Durant des années, certains vous juge coupable alors que vous n’êtes qu’une victime !

Nous devons vivre avec sans pouvoir nous défendre, sans pouvoir nous expliquer, en étant incriminés de toute part par des inconnus qui ne connaissaient qu’une seule version et s’autorisent à vous diffamer en s’appuyant des propos lus ou entendus dans la presse. Nous sommes bafoués avec des propos allant parfois jusqu’à écrire des menaces de mort véhiculées sur des forums. Nos proches ne comprennent pas tant nous sommes différents de ce que les cyberbullyers écrivent sur les réseaux sociaux ou les journalistes dans les journaux, propos qui n’ont rien à voir avec la personne que nous sommes. A devenir déboussolé, à en perdre pied. Certains remontent la pente d’autres perdent la vie. Dans tous les cas on laisse beaucoup de plumes au tapis. Et on se reconstruit pour ceux qui le peuvent. Même si on s’en sort, rien n’est assuré que cela ne se reproduise pas. Pour autant, une seconde fois ferait perdre toute crédibilité surtout quand la première n’en avait déjà pas (ce qui est souvent le cas puisque l’on trouve des incongruences qui se justifient et démontent du reste !). Du jour au lendemain, sans savoir d’où cela provient, sans même comprendre pourquoi, on se retrouve lynché sur la toile par des inconnus. Personne n’est à l’abri, privé, public, élu, chef d’entreprise, chercheur, artisan, libéraux…. PERSONNE.

Depuis quelque temps, les gens se rendent compte que la presse ment, qu’elle oriente, cache, embellit, détourne, évite, encense ou diffame sur tout ou n’importe quoi. On s’acharne sur une personne, avec les gros titres chaque jour, qui sera déboutée par la suite en ayant un encart noyé entre les décès et vente de voitures (l’affaire Fillon pour exemple) ! Les lecteurs ne sont plus dupes pour la plupart par ce que beaucoup cherchent à comprendre et recoupent les informations, d’autres ont vécu des faits narrés différemment dans la presse (13 novembre, attentats de Paris, j’ai entendu des témoins présents au stade de France et nous savions pour les mutilés du Bataclan dont le nombre de victimes approche des 300), certains trouvent trop grosse la couleuvre à avaler (attentat du 11 septembre à NY trop controversé), quant à d’autres ils considèrent improbables certains faits (récemment le supposé suicide du juge Lambert) !  Finalement, puisque la presse montre l’exemple, pourquoi les gens n’en feraient pas autant ! Les trolls se sont développés de cela aussi et s’en donnent à coeur joie. Sans oublier d’autres risques e-réputation plus fréquents tel un client mécontent qui ne prendra aucun gant pour dire ce qu’il a à dire envers une entreprise ou un produit qui n’a pas répondu à ses attentes. Que cela soit vrai ou pas, le commentaire sera posté et lu par tous.

Karpesky estimait il y a un 2 ans que d’ici à 3 ans 95% des entreprises dans le monde seraient victimes de cyberbullying et devraient travailler leur e-réputation.

Il est de plus en plus connu que ces faits existent. Les personnes dotées d’intelligences analytiques considèrent ces cyberbullying usant notamment de la presse afin de cimenter l’objectif de nuire envers une personne qui dérange. Qu’importe si les preuves n’existent pas, les rumeurs vont bon train sur les réseaux sociaux surtout Tweeter, considéré comme le réseau social le plus polémique.

Lorsque la presse vous diffame, les sociétés d’e-réputations ne sont pas en mesure de nettoyer votre réputation au regard de cela ni même la CNIL. La raison est simple : la presse a tout pouvoir au nom de sa liberté. Qu’importe qu’elle fût payée pour vous détruire, qu’elle ne dispose pas de preuves, qu’elle oriente des faits réels et confidentiels, elle a tous les droits. Et je suppute qu’elle sait remonter le référencement de ses articles à la surface à des fins d’appuyer votre destruction. Comprenons donc aussi qu’elle a le droit accordé et reconnu de vous détruire et de vous harceler en ligne, alors que cette même presse critiquera tout cyberbullying !

La concurrence, souvent initiatrice de cyberbullying, oeuvrera pour votre destruction de réputation en ligne. Nous avons constaté que les trolls publient des faux commentaires sur votre hôtel, votre produit, votre entreprise, votre association, votre enfant, voire votre personne. Le doute s’installe systématiquement face au lecteur non avisé et surtout non réfléchi. Le client mécontent ou déplaisant saura trouver les mots pour dévaloriser votre service, les défauts de votre établissement, les failles de votre structure. Parfois en rapportant ce qu’il a entendu et non vécu !

J’ai entendu des entrepreneurs me dire qu’ils s’en fichaient, que ça passerait ! Peut-être ou pas ! Personnellement, je n’ai pas vu d’aspects positifs à l’entreprise victime de trolls et autres cyberbullyers. Ces commentaires servent aussi à d’autres cybercriminels… dont pour le ransomware!

Le commentaire peut être supprimé parfois, mais tout reste sur internet. Dans tous les cas, le chiffre d’affaires, la réputation et notoriété diminuent à vous en faire perdre parfois la santé, ou la vie !

Vos propres collaborateurs rentrant du travail se défoulent sur les réseaux sociaux et se livrent à des propos souvent anodins, parfois confidentiels sur leur journée de travail comme ils discutent avec leur proche dans leur salon. La toile garde tout et analyse chaque propos (n’oublions pas l’IA qui ne sert pas qu’à des aspects positifs), les véhicule, les déforme, les développe. C’est ainsi qu’on se retrouve à lire sur Tweeter qu’un restaurant Kebab est fermé pour cause de manquement à l’hygiène après que son propriétaire se rende compte qu’il n’avait plus de client alors que l’établissement tournait à plein régime. C’est ainsi qu’on perd des marchés et contrats (parfois signés!), affichant 40% de perte de chiffre d’affaires avec les incidences de perdre sa femme et sa maison, pour s’apercevoir que des jaloux (l’homme en question est un VIP) voulaient la notoriété et des parts de marché sur le même secteur géographique. C’est ainsi que la restauratrice à Nice lors de l’attentat de Nice s’est vue lynchée sur la toile pour être une méchante qui refusait de protéger des passants, alors qu’elle ne faisait que répondre aux ordres des forces de l’ordre de protéger les siens (B.A. BA en sécurité !).

La bêtise sur la toile est sans limite et obstrue la réflexion des internautes! Un mot, et le déclencheur se met en place pour révéler sa vraie nature sur la toile. Alors que dans le monde réel les agissements seraient tout autre et exigeraient plus de réflexion, voire d’analyse avant d’acter. La lâcheté se révèle également d’autant qu’ils s’autorisent à diffamer, injurier derrière l’écran alors que de visu ils en seraient incapables.

La surprise, l’effroi, l’horreur sont autant d’émotions premières face à ces diffamations. La perte de contrôle, le questionnement du « pourquoi moi », le  » comment je vais faire? », le « ce n’est pas possible! », surviennent avec un stress important. Il faut dans tous les cas gérer, affronter cela au cas par cas selon qui vous êtes, votre environnement, la cible et ses objectifs. Ce dernier point est crucial afin de limiter les dégâts à venir et que cela ne se reproduise.

L’e-réputation n’est pas à négliger et tout comme la sécurité, il vaut mieux prévenir que guérir. Les dégâts peuvent être très lourds voire irréversibles. Il est à noter que bien souvent une mauvaise réputation sur la toile se découvre en dernière minute (tel découvrir sur Google un faux commentaire), face à des faits concrets dans l’espace réel (telle la perte de contrats signés), constatant une fuite de son entourage (sextape filmée à son insu et divulguée à ses proches ayant un impact dans la vie professionnelle aussi), et combien d’autres cas qu’ont vécu notamment mes clients !

Tous s’accordent à dire qu’ils n’ont pas pensé à bien gérer leur image sur le web. Ce n’est pas facile ! Ce n’est pas intuitif ! Souvent on ne comprend même pas l’impact de nos publications sur les réseaux sociaux ou notre site web. On réagit tel dans l’espace réel sans se rendre compte que nos actes web vont dans le virtuel et ne sont pas interprétés bien souvent comme on le voudrait.

Se faire insulter dans la rue n’a qu’une faible incidence localisée et souvent retombant rapidement. Une insulte sur la toile a des répercussions sur tout ce que vous possédez de matériel, votre image, votre intellect, vos émotions, votre moral, votre santé, votre famille, vos amis, vos collègues. TOUT avec assurance de s’envenimer pour un temps incertain et long. La mesure temporelle et l’impact dans le virtuel n’ont pas d’égal dans le réel.

A défaut d’être concrètement protégé, que notre droit à l’image soit traité de façon neutre et objective, il faut apprendre cet espace virtuel et adopter notre communication visuelle, verbale en conséquence et selon ce que nous sommes et représentons. Il faut anticiper, repenser sa communication, informer et former. Guérir dans l’espace virtuel est un parcours du combattant semé d’embûches qui ne sera jamais propre. Alors protégez-vous, formez-vous, évaluez votre e-communication autant que possible avant qu’il ne soit trop tard.

Nadine TOUZEAU
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

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 LinkedIn, le réseau professionnel considéré comme le plus crédible au monde, connaît comme tout bon réseau social des revers indisposant ses utilisateurs tels les faux profils. Les détecter reste une chose relativement aisée sur des profils réellement non congruents. En revanche, ce qui ne relève que rarement une discussion est : dans quelles intentions sont créées ces faux profils?

C’est sur cette question que nous allons nous attarder tout en restant concentrer sur LinkedIn et non d’autres réseaux sociaux dans la mesure ou chacun d’entre-eux a un objectif et donc une cible propre.

Avant de comprendre pourquoi il y a des faux profils, attardons nous sur la cible de LinkedIn. Elle est de nature professionnelle afin de trouver des nouveaux contrats, futurs employeurs, anciens collègues, partenariat, synergie professionnelle, enrichissement professionnel. Si on constate de nombreuses dérives de publications sorties du contexte métier des profils, LinkedIn aux yeux de nombreuses personnes reste une vitrine avec un résumé de son parcours professionnel, ses success stories, des recommandations, publications, certifications et autres diplômes.

Certains profils, tel le mien du reste, sont sujet à attirer des curieux, attiser des jalousies ou révéler des curiosités. De fait, des faux profils se greffent facilement dans notre réseau,  donc ceux bien connus en sécurité sous des faux nom et parcours pour contrôler simplement certains profils considérés comme potentiellement sensibles. Vous avez aussi des profils réels sous entité ministérielle affichée qui savent parfois jouer de leur pouvoir. La photo est souvent très éloquente en comportement avec parfois des propos tout à fait congruents avec le personnage (j’ai un exemple en tête).

Outre ces profils dans la sécurité qui soit font un travail de veille, soit use de leur position pour se valoriser, il y a une kyrielle de faux profils à des fins autres dont en voici quelques exemples que j’ai relevé.

  1. L’espion. Si l’espion sécuritaire existe tel que décrit précédemment, il y a aussi l’espion souvent à des fins économiques. Soit il cherche des informations sur X ou Y personnes, soit c’est sur des éléments postés semblants anodins alors qu’il y a intérêt à exploiter pour autrui. L’espion est aussi celui qui va éplucher certains profils pour construire sa propre offre, écrire son article, réaliser un documentaire, se vendre auprès d’une structure en utilisant sous son propre nom des éléments dont parfois il n’en comprend pas la teneur.  L’espionnage sur internet est enfantin et n’exige pas de formation pointue pour les esprits tordus. La mission de vous espionner peut-être aussi commandité afin de vous nuire d’une façon ou d’une autre et l’acte ne se révélera pas de suite, il sera sournois et mûri. Leur comportement se détectera selon leur objectif à vous suivre : il peut flatter,  questionner d’une façon peu usuelle,  vous critiquer ou vous demander de vous justifier. Ces profils sont courants surtout dans une période économique que nous vivons actuellement ou tout est bon pour se vendre . L’espion peut aussi vous suivre physiquement et appréciera vos posts montrant vos prochains déplacements. Des vols de données (principalement par cybercriminalité) peuvent découler d’un tel comportement ainsi qu’un ransonware.
  2. Le vengeur. Ce profil rejoindra celui décrit dans mon livre concernant une des catégories de cybercriminels ( rappel livre : https://www.amazon.fr/NET-PROFILING-comportementale-cybercriminels-Nadine-Touzeau/dp/2955453730/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=&sr=) . Sur LinkedIn le vengeur est celui qui réglera ses comptes tôt ou tard. Soi une revanche suite à un conflit larvé ou pas, soit contre vous-même ou la société que vous représentez, soit une remise en question de votre crédibilité (mauvais payeur, rejet de votre expertise / personne, vous nuire par jalousie propre ou interposée).  Les profils atypiques, les personnes publiques, les leaders sont autant exposés de subir un vengeur que les mauvais payeurs, les charlatans, les profils aux fausses déclarations. Concernant ces derniers profils, il semble opportun d’être crédible avant de publier y compris financièrement : des preuves peuvent aussi se publier tout comme pour les victimes de jaloux et autres vengeurs de cette nature.
  3. Le voyeur. Proche de l’espion, le voyeur sera un joueur cherchant des sujets pour alimenter sa vie monotone ou aura le profil d’un manipulateur. Il peut œuvrer sous sa vraie identité avec un profil congruent avec lui ou pas. Si le manipulateur cherchera à séduire et vous attirer dans son univers, le joueur sera plus discret et observateur que questionneur. Il peut être voyeur sans s’en rendre compte. Il a rarement l’intention de nuire au contraire du manipulateur, mais de valoriser son quotidien, son image sur la toile. Les deux types de voyeurs chercheront des cibles pour satisfaire leur objectif respectif.
  4. Le recruteur. Il ne s’agit pas du recruteur classique, mais du recruteur à des fins malveillantes pour des sectes, des organisations obscures ou même le terrorisme. Ces profils peuvent apparaître sus des aspects classiques, certains sous des vrais profils en affichant ou pas leur intention. Si les publications peuvent se faire plus rares, elles seront orientées de façon insidieuse. Fines pour être comprises des cibles, il n’en demeure pas moins que ces publications sauront ciblées des profils potentiels au demeurant pas enclin à rejoindre ces univers malveillants. Ils chassent en tenant compte de vos profil et publications. Ils sauront appuyer sur la corde sensible en temps et en heure afin de vous convaincre de les rejoindre.
  5. Le sexe. Probablement les faux profils les plus visibles sur LinkedIn qui concernent des femmes physiquement attirantes exerçant des professions dites « prestigieuses ».  Ces professions sont choisies afin d’attirer des personnes fortunées et de les séduire avec leur belle frimousse souvent réelle et c’est du reste la seule chose très probablement de réel dans leur profil. Un bon moyen également pour puiser du renseignement, se caser avec un millionnaire ou spolier des biens ou recherches !
  6. Le cybercriminel. Eh oui ! Quoi de plus facile que de créer un faux profil pour obtenir toutes les informations que l’on souhaite concernant nos cibles. Les posts son épluchés, les commentaires lus, les informations listées afin de tout savoir sur leur cible. Elles seront recoupées sur votre page Facebook, votre compte Tweeter ou Instagram ou Snapchat… Ils peuvent entrer en conversation avec vous.
  7.  Autre oublié ou inconnu

Les photos fausses des profils sont contrôlables sur Google (IA reconnaissance faciale ou par déduction propre), mais souvent les photos de profils sont un animal, un logo médiatisé, un symbole représentant le secteur d’activité du profil.  Une fiche non remplie intégralement sur LinkedIn ne veut pas dire que c’est un faux profil. Un profil n’intervenant pas et ne publiant pas ne veux pas dire que le profil est inactif.

La plupart des actes des vengeurs et cybercriminels s’apparentent à du cyberbullying ou e-harcèlement. Pour autant, ils ne seront ni considérés comme tels, ni ne feront l’objet de poursuite judiciaire. LinkedIn a amélioré sa politique contre le cyberbullying sans que juridiquement il n’y ait de recours envers le cyberbullyer.

L’un des conseils que je préconise est que LinkedIn est un réseau social professionnel et que chaque publication sera contrôlée d’une façon ou d’une autre par des personnes plus ou moins malveillantes. La discrétion est donc de mise dans vos publications et commentaires : cela nécessite aussi d’en calculer les impacts même s’ils ne sont pas compris par les lecteurs. L’e-réputation doit être au mieux maîtrisée surtout dans un réseau professionnel.

Quant à détecter des faux profils, certains le font très bien sur les faux profils peu travaillés. Ce qu’il me semble important de comprendre quand vous êtes victimes de faux profils c’est : quelle (s) cible (s) voit-on en vous? Ceci élucidera beaucoup de questions afin d’améliorer son image dans les réseaux sociaux et éviter les faux profils

N’oubliez pas qu’un réseau social garde tous vos échanges et que l’impact n’a pas les mêmes incidences que des échanges lors d’un meeting !

 

Nadine Touzeau
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

Il n’est pas question de défendre un candidat plus qu’un autre. Cet article à pour objectif de mettre en avant un petit retour d’une de mes analyses sur des lecteurs de droite et de gauche que j’en ai juste pour réfléchir et par ce que cela m’interpelle.

Je cite : « Barrage à l’extrême droite », « Tout sauf la finance qui nous gouverne », « Emmanuel Macron c’est François Hollande bis », « Marine Le Pen c’est le racisme », « Seul Emmanuel Macron défend les valeurs de la république », etc. Déballage classique des dents affûtées pour défendre son camp, j’ai reçu les mêmes lorsque j’ai publié mes profils des candidats politiques !

A ce titre, j’en profite pour remercier les milliers de lecteurs dans le monde entier qui m’ont suivi lors des publications des profils des candidats aux élections présidentielles sachant que cela a permis à certain de faire leur choix. Vous m’en voyez ravie, mon objectif a donc été atteint au delà de mes espérances. Merci à vous.

Certes je vote, en revanche, je ne fais pas de politique. Une dizaine de personnes m’a du reste reproché de mettre en avant un candidat plus qu’un autre sans objectivité puisque presque tous mes profils des candidats aux présidentielles ont reçu ces reproches.  Lisez bien mes introductions avant chaque article publié afin de comprendre que notre approche se doit d’être dénuée d’a priori, envie, affectif, jugement. On se doit d’être factuel sur des signes collectés sur la personne profilée que nos résultats (nous) plaisent ou non et être au plus proche de la neutralité dont dénué de ce que nous aimons. En revanche, ainsi que j’ai l’usage de le dire, si je commets une erreur, je suis prête à l’entendre avec objectivité et des mesures concrètes sachant que concernant mes profils des candidats (entre 30 et 40% de ce que j’ai voulu dévoiler pour des raisons évidentes sachant aussi que j’usais de mots choisis – texte sous forme de rapport tel que transmis à mes clients, les profils doivent être courts, concis et rapides à lire pour mise en pratique de suite. J’ai laissé des fautes d’orthographe et je vous en présente mes excuses : ces profils ont été faits en plus de mon travail -mieux rédigé- sachant que j’ai un handicap visuel et ai une dyslexie, des éléments bien connus en principe qu’il semble que je doive rappeler!)  ont été validés par les concernés ou des proches.

Tout cela afin de rebondir sur ce déballage sur les réseaux sociaux proches du cyberbullying souvent par de reproches, vulgarités envers l’un ou l’autre camp des finalistes aux élections présidentielles françaises. Je dirais même surtout contre Marine Le Pen. Donc une haine contre presque un quart des français, soit presque autant que ceux qui ont voté pour Emmanuel Macron ! Reprenons le contexte ! Il y a eu une mobilisation massive de la population pour choisir un candidat représentant et dirigeant notre pays. 4 gagnants en sorte de 4 univers différents avec 4 programmes différents. Soit environ 25% de la population souhaite un univers « politique » pour diriger notre pays. Il n’en reste que deux qui ne peuvent pas satisfaire environ 50% de la population sachant que 10 à 20% de ces 50 % ne seront pas offusqués de voter pour l’un ou l’autre des candidats.  Des électeurs à considérer ! De fait, les propos haineux que je vois circuler s’intègrent-ils dans un objectif de construire notre pays de demain ! N’est-ce pas l’objectif de ces élections? Ne devons-nous pas nous remettre en question et faire sur soi ce que nous exigeons et attendons de ces candidats?

Petit rappel : la France est (pour moi était) le pays des Droits de l’Homme qui au nom des valeurs de la République (à redéfinir pour la France à mon sens ou changer de mot) exige une liberté d’expression, le respect du peuple au nom de la démocratie. Je pose la question : est-ce démocratique de se moquer des électeurs des candidats critiqués ! Avez-vous analysé les incidences sur ces électeurs! Comment pensez-vous qu’ils vont réagir ? Pensez-vous que c’est la préoccupation d’un français de voir autant de critiques et e-harcèlements sur la toile?

Ensuite, pourquoi Marine Le Pen serait-elle non démocratique et pourquoi Emmanuel Macron représente-t-il les valeurs de la République? En disant cela, je ne prends absolument pas position, simplement n’est-ce pas une discrimination? Volontaire je le concède à des fins politiques, mais est-ce que cette attitude représente notre démocratie qui se veut à défaut se doit d’être un exemple ? De la même manière, bien que, et je l’ai écrit dans son profil, Emmanuel Macron représente la finance qui prend le pouvoir officiellement de la politique française, sera-t-il aussi proche des « valeurs » de François Hollande par ce qu’il a été son ministre ! Le juger est-ce démocratique?

Puisque le français veut du changement, pourquoi dénigrer le peuple, les électeurs, qui ont voté tant d’univers différents dont seulement 24% sur tous les votes cumulés du 1er tour seront satisfaits du résultat (sachant que 49% d’après les sondages ne sont pas certains de ce choix !) !  Que fait-on de ses nombreux autres électeurs : eux aussi on les range dans une case comme on sait si bien faire en France ! Est-ce un comportement républicain ! Est-ce en respect des droits de l’Homme ! Comment pensez-vous que ces électeurs vont se comporter, vont apprécier ces propos haineux souvent étant de la désinformation? Comment les fédérer, gagner leur confiance et le « gouverner » ensuite? Des éléments nécessaires pour reconstruire notre pays.

Ayant des amis en Norvège j’ai découvert que dans ce (très beau) pays, on respecte toutes les opinions des électeurs et on s’accorde à gouverner en ce sens. Regardez comment fonctionne la Norvège, si cela peut permettre d’ouvrir un peu la France sur l’acceptation des idées d’autrui sans jugement.

Élever le débat ne fait pas oublier que les jeux semblent être déjà faits.

Nadine TOUZEAU
Profiler, Net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

 

Le harcèlement est enfin reconnu dans notre pays à en être intégré dans les RPS. Il reste très probablement du chemin à faire afin d’en peaufiner son encadrement et sa résolution. L’essentiel est que cette reconnaissance soit enclenchée.

Il est évident que la cybercriminalité doit faire étendre cette reconnaissance sur le e-harcèlement ou le harcèlement en utilisant internet, sous quelque forme que ce soit.

Dans mon livre, « Net-profiling : analyse comportementale des cybercriminels », j’évoque ce sujet.

N’oublions pas qu’une personne fragile pour diverses raisons est la cible idéale. Commettre des (e-)harcèlements sur un profil « bien dans sa tête » ne prendra pas aussi facilement ! Un harcèlement subit a un impact violent qu’il soit fait dans le monde réel ou dans le monde virtuel. Toutefois, il est souvent relevé à juste titre que la différence est notoire entre les deux univers. En voici quelques raisons.

Harcèlement

Il est nécessaire tout d’abord intégrer que le cyberharcelement ou cyber harcèlement est effectué par un être humain malveillant ou maladroit (ce qui est plus rare), soit une personne qui vit dans le monde réel. Le ressenti n’est pas évident sur une victime de e-harcelement surtout si elle ne peut l’identifier.

Dans le monde réel, être victime de harcèlement se fait sur un univers clos et visible : on connaît l’endroit et on voit les personnes tout en s’en imaginant parfois de façon exagérée l’étendue. L’identification est plus simple à faire dans notre cerveau et sur notre affectif. Le fait de savoir où cela se passe aide à évaluer du harcèlement à la douleur qu’elle procure. On mesure sa zone spatiale bien plus facilement que dans le virtuel.

Mais ce que le virtuel autorise et toutes personnes malveillantes l’ont bien compris, c’est que les coups bas sont faciles. Pour une raison trop souvent occultée, l’avatar est activé pour se venger dans un univers sans frontières, limite et transversal. Je m’explique. Si une personne souhaite se venger de vous, dans le monde réel elle devra soit vous affronter seule et si vous avez du répondant ça sera plus difficile, soit devoir appuyer sa vengeance en s’entourant d’autres personnes pensant comme elle ou lui, ce qui sera plus contraignant pour la victime de se défendre. Alors que dans le monde virtuel, il suffit juste de se lâcher et sortir tout ce qu’on n’oserait pas dans le monde réel jusqu’à parfois se cacher sous une identité quelconque.

Ne pas mesurez qui est derrière cela et pourquoi on n’ose vous faire ceci est terriblement frustrant pour la victime. Comment répondre objectivement? Qui nous prend au dépourvus? Pourquoi moi? Est-ce que je connais la personne? Est ce vrai ! …

Les mesures dont nous disposons dans le monde réel n’ont plus court d’autant que la victime a rarement les moyens de répondre face à l’avatar du contexte ! C’est même l’un des objectifs ; faire en sorte que la victime soit sonnée brutalement sur un court terme sans pouvoir se débattre, tel un K-O sans s’imaginer devoir monter sur un ring !

Il est à noter aussi que le fait de répandre les propos et actes de harcèlement sur la toile envenime la chose sur les profils publics qui seront témoins involontaires de la situation… Internet à favorisé cette option dont les auteurs en mesure rarement la portée à le regretter bien souvent. Toutefois, chaque témoin de ce e-harcelement sera rarement silencieux puisque le jeu sera mené par le harceleur de façon à impliquer d’autres personnes dans ses actes manipulateurs. Les témoins se verront dans l’obligation de s’engager afin d’aider le harceleur qui sera positionné en victime, le rôle du manipulateur!  Ce qui entraînera d’autres rebonds de violences verbales difficiles à accepter par la vraie victime venant de gens qui ne la connaissent même pas et pourtant la juge!

La violence verbale est sur les 5 toxicités « parentales » de Susan Forward, la pire de toute. Les mots ont de lourds maux qu’ils faut soigner sans en négliger les impacts à long terme.

Enfin, la presse aime à monter en épingle les victimes de ces e-harcèlements dont certaines ont mis fins à leur jour. S’est-elle elle-même posé la question si elle ne faisait pas aussi du e-harcelement en ligne en proférant des propos sans preuve sur des personnes à qui on refuse une écoute? Le propre même de l’investigation qui exige aussi d’être au plus près de la neutralité !

Nadine TOUZEAU
Profiler, Net-profiler, Chercheur en comportement des cybercriminels