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Quel que soit l’acte commis, c’est un être humain qui l’accomplit. Si un acte malveillant est commis par un robot, le robot ne fait qu’exécuter ce que l’humain a conçu.

Si ce constat est intégré, il n’en demeure pas moins que même juridiquement, on considère peu l’humain. En investigations, on ne s’appuie que sur des preuves techniques à valeurs juridiques, ce qui bien souvent induit en erreur pour des personnes voulant faire inculper un coupable tout désigné ou faire croire à un acte passé pour suicide, accident, par exemple détournant de l’acte tel qu’il a été commis, soit un homicide déguisé.

Avant de considérer une scène avec victime, un délit, si les preuves Forensic techniques sont indéniablement importantes, les Forensic comportements ne sont pas à négliger. Tout élément relevé, une position du corps, la façon dont les objets sont placés, les vêtements rangés dans une pièce, la voiture telle qu’elle est garée, etc, donne des détails sur le profil des personnes impliquées. Rien ne doit être négligé.

L’une des affaires qui a montré de telles différences entre la conclusion de l’enquête (probablement orientée) et le Forensic comportemental relevé est celle d’Agen (2013). Je dispose encore des éléments juridiques de la gendarmerie, donc les croquis que je ne compte pas afficher dans cet article pour des raisons évidentes. Cette affaire avait été conclue en « hypothèse suicide ». Le corps de l’enfant était ventre au sol, droit avec la hanche gauche légèrement relevée, les pieds écartés totalement sur l’extérieur, les bras relevés à l’équerre, les doigts légèrement recroquevillés face à terre et le visage légèrement penché sur la gauche aussi. Le point d’entrée du fusil était à bout touchant sur le téton gauche avec point de sortie milieu du dos (proche colonne vertébrale)  et plus bas que l’axe du téton. Ce qui suppose que l’enfant tenait le fusil en l’air et décalé sur la gauche. Une trajectoire inhabituelle et confirmée par des légistes avec qui j’avais échangé à l’époque. Le balisticien confirmait que la longueur du bras permettait à l’enfant de tenir l’arme dans cette position. Mais il affirmait aussi que se suicider de cette manière soit inconfortable sans avoir aucun exemple de la sorte dans les affaires qu’il avait traitées. Si cette indication donnée par cet expert ne pouvait suffire à faire une preuve, bien d’autres allaient suivre lors des collectes d’informations que nous avons faites en équipe durant 4 mois de mission.

Il n’est pas question d’entrer dans les détails qui seront dans mon livre en cours d’écriture, mais de se poser juste quelques questions de bon sens :

  • comment un corps peut-être ventre à terre, bien droit après avoir eu un impact de coup de fusil au niveau du coeur? Ne devait-il pas au contraire tomber sur le côté ou à l’arrière, version plus évidente?
  • comment le fusil (très lourd) pouvait-il se retrouver à presque 1 mètre du corps de la victime alors que l’arme des suicidés est toujours près d’eux, voir sur eux?
  • comment la victime s’est retrouvée face  à terre en se faisant tirer par devant s’il n’y avait pas a minima une seconde personne pour le pousser en avant?
  • pourquoi les mains de la victime sont faces au sol, doit contre terre, de chaque côté du visage s’il tenait l’arme?
  • les pieds écartés indiquent-ils une position debout en tenant le fusil en l’air décalé sur la gauche pour se suicider ? Ne serait-pas plutôt une position à genoux qui exigent une assise du corps par la position des pieds souvent écartés, qui collerait avec les mains qui devaient être derrière la tête ou en position prière?
  • La suite dans mon livre.

Rien que ces éléments relevés, et cela a été validé par des anglo-saxons habitués à des dossiers plus « sensibles », supposent à remettre en cause les conclusions des gendarmes en « hypothèse suicide ». Je précise que je n’ai rien contre les gendarmes qui ont fait ce travail, ni les personnes qui ont travaillé sur ce dossier. Je confirme que leur conclusion ne peut  être en toute logique recevable. S’ils disposaient d’un Forensic comportemental, leur travail aurait pris une autre tournure et probablement qu’ils auraient constaté que le passif de délinquant du père avec ses malversations avec un lien avec la mort de l’enfant. Il existe d’autres preuves sur ce sujet.

Lorsque l’on investigue sur un quelconque délit, même cyber, l’humain doit non seulement être pris en compte, mais être prioritaire. D’abord par ce qu’on donne des éléments complémentaires parfois presque les seuls (comme nous l’avons vécu en Afrique Noire avec des gendarmes et policiers dénués de Forensic techniques !) afin d’aider à résoudre l’affaire. Ensuite par ce que l’humain informe sans être présent par des objets, traces, type de victime, façon de commettre le délit, lieu, période, mode opératoire, signature, etc. Enfin par ce que ces éléments seront tous analysés même si l’un d’entre eux semble sans importance, souvent celui écarté par les enquêteurs.

La complexité de l’être humain est certes ardue à apprendre, comprendre et analyser, mais riche d’enseignements et de fait, d’information sur les dossiers que nous avons à traiter. Partir du postulat que chaque être humain est unique, que nous ne devons pas considérer que l’affaire ressemble à, que nous ne devons pas juger ou se laisser influencer de quelque manière que ce soit, qu’il nous faut rester humble et neutre, qu’il nous fait faire équipe avec les autres professionnels impliqués dans le dossier, notre travail révélera les personnes impliquées dans chaque acte commis. Les profils en seront plus détaillés à autoriser plus vite l’issue du dossier.

Résultat de recherche d'images pour "robot humain"En cyber, la complexité ne vient pas du manque de preuves ou des orientations commises par le délinquant pour tenter de déjouer les conclusions de l’enquête (rappelons que les délits sont rarement avec homicide!), cela vient du fait que l’espace cyber autorise tout et n’importe quoi que le réel canaliserait ou rendrait ridicule. Si les cyberdélinquants s’y cachent bien plus que dans le réel (pour raisons évidentes !) , certains d’entre-eux ne sont pas assez discrets pour se cacher. Certes les fautes d’orthographe, quelques indications peuvent dire d’où vient le hat, qui il est, mais cela ne suffit pas sur la majorité des affaires qui obligent à analyser bien au delà de ces quelques signes de bases pour révéler un hat. Le clavier va mettre en avant des comportements concernant le délinquant, parfois même des attentions. Certes c’est plus difficile que dans le monde réel. Toutefois, cela reste dans l’ensemble plus rapide que les IP relevés par exemple. Des exemples d’affaires montrant que les orientations n’allaient pas dans le bon sens sont fréquentes, tristement, par ce qu’il n’est pas assez considéré que le virtuel autorise des modifications comportementales parfois très importantes. Mais entrer en contact avec le hat, de quelque manière que ce soit, nous donne des indications et nous permet même d’anticiper certaines choses, de comprendre son réseau et ses objectifs. L’approche est concrètement différente que dans le réel et le travail de collecte d’informations et d’analyse aussi. Ce qui fait que le résultat sera plus long qu’un profilage tel que je le pratique et sera présenté, ainsi que je le nomme, en dents de scie à l’équipe. C’est à dire par morceaux disparates et parfois non synchronisés.

Alors quand je lis qu’un robot pourrait être jugé, je m’inquiète de la tournure que la justice donne et comment de fait, peut-elle intégrer l’humain dans leur justice. Je m’inquiète d’autant plus que plus que ce robot pourrait être considéré incontrôlable par un être humain qui l’a conçu en connaissance de cause, mais en se dissociant des actes commis par le robot. C’est grave ! Car cet humain restera libre de continuer ses méfaits probablement amélioré du retour par expérience juridique !

Au delà de tout cela, quelle place mettons nous au coeur de la délinquance et pour qui, dans quel intérêt finalement?!

Nadine TOUZEAU
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

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C’est culturel en France, nous aimons nous reposer sur la simplicité en appuyant sur un bouton. Un art de vivre pas du goût de tous puisque notre pays sait aussi créer des cerveaux qui affectionnent peu la facilité.

De fait, en investigation, on remarque que les enquêtes sont appréhendées avec des « mallettes » remplies de tout ce qui permettra de retrouver l’assassin, le voleur, le violeur, le terroriste même. Et c’est sur les résultats de cette boite à outil que l’enquête s’orientera et se soldera trop souvent.

C’est ainsi que nous avons créé de nombreux « Cold Case » (à savoir des affaires mal ou trop vites classées) , nous donnant leader au monde sur le sujet, dont l’un des plus célèbres est « L’affaire Omar ».

Bien évidemment que ces mallettes et tous les outils qui permettent d’étayer l’enquête pour la faire avancer et obtenir des preuves sont nécessaires, mais les cerveaux analytiques n’en sont-ils pas laissé pour compte?

Combien d’enquêteurs se sont vus non entendus sur des suspicions, suggestions, ressentis sur des affaires?

Ne se reposer que sur des logiciels, moyens, matériels est une source d’erreurs manifestes. Il faut analyser véritablement et tout en remettant le compteur à zéro sur chaque affaire, même si elle en rappelle une autre. Cela paraît simple et beaucoup pensent le faire, les résultats indiquent trop souvent le contraire. Manque de connaissances, manque d’effectifs ou pressions font le jeu des délinquants s’appuyant sur nos faiblesses afin d’oeuvrer plus sereinement.

Les sciences du comportement sont considérées comme parties prenantes du Forensic et sont nettement mises en avant dans des structures d’investigations anglo-saxonnes. Ces équipes sont constituées davantage de profilers (et non criminologues) que de « mallettes »!

Des cerveaux agissent. La machine la plus performante au monde est notre cerveau à condition de bien vouloir en développer son potentiel. Ces cerveaux bien préparés sauront réagir plus vite qu’une machine et intégrer les données en les analysant rapidement afin d’être dans le prédictif instantané. En ce qui concerne mon métier de profiler en tout cas.

Le monde interactif oblige à travailler en ce sens et les paramètres n’incluront jamais la réflexion qui trouvera la faille afin de déjouer les moyens mis en place. La cybercriminalité en est une parfaite illustration.

Si on se targue d’avoir acheté tel logiciel onéreux et peu accessible à tous, on ne peut considérer que notre sécurité est capable de prédictif. Former des bons analystes comportementaux et futurs profilers assurera de bien meilleur résultat et plus rapidement.

Nadine TOUZEAU
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

 

 

 

Dominique Legrand, Président de l’AN2V  (association nationale de la vidéoprotection : http://www.an2v.org), m’a demandé de visionner les vidéos de Cécile Bourgeon, mère de la regrettée petite Fiona, afin de savoir s’il y avait possibilité de déceler rapidement les mensonges de Cécile Bourgeon.

Dominique Legrand a souhaité que je fasse partager mon travail. J’ai choisi cette vidéo, ci-dessous en lien, puisqu’elle permet de voir Cécile Bourgeon à quelques jours des faits et un mois après les faits. Je précise que j’ai pris en compte, comme usuellement, (sans possibilité de vérification de ma part) le fait qu’il semblerait que Cécile Bourgeon se drogue. J’ai intégré aussi sa troisième grossesse. Ces éléments intégrés, je n’ai pas trouvé d’informations modifiant ou tronquant le comportement de Cécile Bourgeon, surtout concernant la drogue. Je précise également que j’ai visionné toutes les vidéos que j’ai pu trouver sur YouTube afin de me faire une idée du schéma de Cécile Bourgeon, n’ayant pas d’autres possibilités pour le faire.

https://www.youtube.com/watch?v=xkrhA6WOY9o

A 0,01mn, la vidéo montre le visage de Cécile Bourgeon commentée par un journaliste constatant le désarroi et l’angoisse sur le visage de la mère recherchant son enfant Fiona. Ce qui est absolument faux puisqu’aucune expression n’apparaît sur le visage de Cécile Bourgeon, contrairement à son avocat d’ailleurs. A cette seconde-là,  le doute existe sur l’inquiétude réelle exprimée par Cécile Bourgeon alors que de telles circonstances vécues à chaud devraient montrer des expressions relatives à l’évènement.

Il me parait impossible de s’arrêter sur cette image pour stopper toutes recherches d’incongruence entre des expressions verbales ou non. Je continue donc la lecture de cette vidéo en imaginant que nous fonctionnons tels les Anglo-saxons, soit à la recherche de la preuve.

À 0,06mn, Cécile Bourgeon a la tête baissée en se déplaçant d’un pas vif, là encore, le visage demeure sans expression. Quel que soit le laps de temps entre les deux images qui peuvent très bien ne pas se suivre, cette tête baissée se verra souvent dans les vidéos prises à chaud, soit quelques jours après les faits réels survenus sur sa fille Fiona. Est-ce du remords, de la honte, de la culpabilité ? Est-ce pour cacher quelque chose ? Là encore, ce n’est pas une attitude de « gêne » qui devrait apparaitre chez une mère qui vient de se faire kidnapper son enfant. Sauf si… mais je considère toujours que ce n’est pas suffisant.

Analyse de Nadine TOUZEAU - Détection de signe 0,36''

Analyse de Nadine TOUZEAU – Détection de signe 0,36 »

À 0,37mn, la mère de Fiona est interviewée et elle prononce ces mots « C’est vraiment un appel au secours » avec des variations dans la voix et ses tonalités tout en faisant non de la tête. Son visage a des expressions d’une femme qui pleure, non à chaudes larmes et un signe pouvant montrer de la tristesse. Pour autant, je ne valide pas de tristesse sur son visage, alors que ses pleurs sont plutôt sincères pour un chagrin moindre que celui qu’elle vit. Elle semble discrète et effacée et peut donc se contenir de s’épancher en public. Ce non de tête en disant que c’est « vraiment » un appel au secours est une incongruence réelle et caractérisée. La preuve qu’il y a mensonge est quant à celle-là très réelle et justifie à elle seule un interrogatoire avec un questionnement ciblé pour obtenir des aveux. Car c’est un aveu dans le sens où Cécile Bourgeon n’appelle pas vraiment au secours. Les mots prononcés sur plusieurs tonalités avec le nom de la tête sans expression réelle ne correspondent pas ensemble. La famille professionnelle du PH.D. Paul Ekman reconnaîtra ce mot : c’est un Hot-Spot.

Malgré cette preuve, je considère toujours que le travail n’est pas suffisant.  Elle ment, elle cache quelque chose, c’est évident, mais je décide qu’il en faut plus pour bien assoir le dossier toujours à la recherche des preuves, comme dans les pays anglo-saxons.

À la 38ème seconde, elle finit donc cette phrase d’appel au secours. J’ai vu deux signes se suivre : le 1er de tristesse pas très prononcé, mais qui me semble réel, puis, juste après, un 2ème signe qui ressemble fortement à du dégout en micro-expression. Elle renifle, cherche ses mots, n’a pas de phrase construite et le signe de dégout apparaît, suivi de ses propos : « et pi bin ! ». Une nouvelle belle incongruence, cette fois-ci, qui ressemble terriblement à l’aveu de culpabilité. Comment exprimer du dégout, juste après de la tristesse qui plus est, quand on cherche son enfant kidnappé et qu’on appelle au secours ! La colère, la peur peut être et surtout de la tristesse devraient envahir cette mère. En aucun cas le dégout.

À 0,41mn, Cécile Bourgeon a des yeux bas et fuyants avec des mouvements négatifs de la tête de nouveau et dit : « Voilà, retrouvez Fiona, c’est tout ». Nouvelle incongruence face aux propos et aux mouvements que je viens d’énoncer.

A ce stade de la vidéo, sachant qu’elle a été faite les tous premiers jours de la médiatisation de l’affaire, avec une expertise dédiée, on pouvait prouver que Cécile Bourgeon mentait et avait une part de responsabilité non négligeable dans la disparition de sa fille Fiona. Ce type de travail aurait été pris en compte et mis en application dans d’autres pays en tant que preuves et auraient permis de réduire, et le temps de travail, et le temps de recherche, et le temps des aveux de Cécile Bourgeon, en quelques heures, maximum deux  jours seulement après la lecture de cette vidéo.

Un mois après les faits, Cécile Bourgeon est interviewée chez son avocat. Cette vidéo est intégrée à celle-ci et à 1.26 mn, cette maman est calme, presque neutre d’émotions, avec le même schéma qu’après les faits et sans expression réelle.

À 1.28 mn, les sourcils de Cécile Bourgeon ainsi que ses yeux marquent la surprise tout en disant « Je culpabilise beaucoup » et toujours sans aucune expression appropriée au fait qu’une mère n’a toujours pas retrouvé son enfant kidnappé. Être surpris en disant que l’on culpabilise, c’est là encore une très belle incongruence ! Qui en montrera toute une série d’autres que j’énumère ci-dessous.

Analyse de Nadine TOUZEAU - Détection de signe 1,32''

Analyse de Nadine TOUZEAU – Détection de signe 1,32 »

À 1,32mn « J’suis beaucoup dans… le sentiment de honte» : là encore des phrases non finies, les yeux baissés, le visage neutre, une voix hésitante, des recherches de mots, le ton bas de la voix… Puis un sourire se lit sur le visage de Cécile Bourgeon toujours ponctué de cet étonnement !

À 1,35mn : « j’ai quand même perdu ma fille » avec un mouvement de recul de la tête, repli du haut du corps et de mâchoire avancée, dit avec une voix haute sachant que les propos sont redondants. Rien ne se synchronise une fois de plus entre les mouvements faciaux et les propos dits par Cécile Bourgeon. Elle a perdu sa fille avec un mouvement bien particulier : encore un aveu !

À 1,38mn : la mère de Fiona répète avec cette même expression de surprise qui ne semble pas la quitter avec le mouvement d’une épaule, puis ses épaules se replient : « On m’a enlevé ma fille ! ». C’est un signe corporel évoquant une gêne relative aux propos exprimés.

« Honte », « perdu ma fille », « culpabilité », des mots exprimés par Cécile Bourgeon avec des attitudes non synchronisées et de gêne : que des aveux en cascade en quelques secondes dans cette vidéo.

Je confirme que quatre mois d’investigations auraient pu être évités en faisant visionner ce genre de vidéo par des experts en analyse comportementale et détection du mensonge notamment afin de déceler les Hot-Spot ou incongruences tout en épaulant les interrogatoires avec un questionnement ajusté, précis afin que la vérité soit dite.

Ce genre de travail est une fois de plus pratiqué au-delà de nos frontières et considéré même, selon le pays, comme preuve juridique.

Dominique LEGRAND conclue de la manière suivante, suite à la lecture de cet article :

Je trouve l’expertise de Nadine G-Touzeau très pertinente. Cette science n’est généralement pas connue en France, pas enseignée, voire méprisée. Et pourtant ! Le résultat est le suivant : Combien a (réellement) coûté cette enquête ? Ne pouvions pas faire différemment ? Concernant nos métiers, la vidéoprotection est très facilement montrée du doigt pour son inefficacité et son coût, mais combien a coûté ces moyens humains et logistiques mobilisés durant des semaines (Police, Police Technique et Scientifique, Justice, avocats…). En 2014, l’AN2V pense réfléchir via une réunion thématique sur l’impact potentiel de ces techniques de PNL, afin d’en comprendre ses possibilités et ses limites techniques et juridiques. En mixant cette connaissance à nos mondes habituels, il serait possible d’apporter de nouvelles idées sur l’analyse d’image automatique (vidéosurveillance intelligente) ou aider à parfaire la formation des opérateurs de vidéoprotection, des enquêteurs. + d’efficacité en amont permet de tendre vers la prévention, la proactivité. Cette science de la PNL peut et doit nous aider à éviter certains passages à l’acte, c’est ce que demande nos concitoyens (chaque fait évité est une victime en moins !) et ce sera possible au travers de l’œil humain sensibilisé à ces techniques, voire directement dans les caméras sur certains niveaux de compréhension basiques mais qui seront bientôt facilement programmables donc performants (Intelligence Artificielle, moteurs d’inférences…). La tâche est prospective à moyen terme, mais nous y croyons. Merci Nadine pour cette démonstration brillante.

Nadine TOUZEAU
Analyste comportementale et environnementale
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