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L’e-réputation est souvent un mot que l’on apprend à ses dépens lorsqu’on est soi-même victime de cyberbullying, diffamation ou d’une presse payée pour vous détruire (ce dont j’ai été victime, ce pour quoi je vais vous faire partager également ma propre expérience). C’est l’image de notre société d’aujourd’hui : reprendre des écrits dans la presse sans les contrôler, voire les analyser, diffamer envers une personne sans la connaître, critiquer un restaurant sans y avoir mis les pieds, commenter un produit parfois sans l’avoir acheté, sur la toile, sans preuve ni même une once de réflexion. Et faute de scandale à véhiculer, la presse en invente afin de développer son tirage sans se préoccuper des retombées pour les victimes, des individus (trolls) rédigent des faux commentaires afin de buzzer ou aider la concurrence ou encore par pure bêtise. Un cercle vicieux en somme à des fins de tenir ses lecteurs / followers y compris intellectuellement dans une spirale de plus en plus destructrice de l’homme qu’internet favorise.

Des injures, portes professionnelles fermées, doutes, incompréhensions, mort sociale, perte d’ami, souffrances de vos proches surtout vos enfants, s’ensuivent par ce que votre image a été entachée sur la toile alors que la plupart du temps, vous n’avez rien commis. H 24 et dans le monde entier cela reste visible, lisible et sauf à pouvoir vous défendre (en général on vous met une pression pour ne pas vous défendre telle que celle que j’ai subi qui consistait à me rappeler que j’avais deux beaux enfants, et, on vous refuse votre droit de réponse malgré le respect du droit bien appliqué), vous devez le subir avec tout ce que cela implique. Durant des années, certains vous juge coupable alors que vous n’êtes qu’une victime !

Nous devons vivre avec sans pouvoir nous défendre, sans pouvoir nous expliquer, en étant incriminés de toute part par des inconnus qui ne connaissaient qu’une seule version et s’autorisent à vous diffamer en s’appuyant des propos lus ou entendus dans la presse. Nous sommes bafoués avec des propos allant parfois jusqu’à écrire des menaces de mort véhiculées sur des forums. Nos proches ne comprennent pas tant nous sommes différents de ce que les cyberbullyers écrivent sur les réseaux sociaux ou les journalistes dans les journaux, propos qui n’ont rien à voir avec la personne que nous sommes. A devenir déboussolé, à en perdre pied. Certains remontent la pente d’autres perdent la vie. Dans tous les cas on laisse beaucoup de plumes au tapis. Et on se reconstruit pour ceux qui le peuvent. Même si on s’en sort, rien n’est assuré que cela ne se reproduise pas. Pour autant, une seconde fois ferait perdre toute crédibilité surtout quand la première n’en avait déjà pas (ce qui est souvent le cas puisque l’on trouve des incongruences qui se justifient et démontent du reste !). Du jour au lendemain, sans savoir d’où cela provient, sans même comprendre pourquoi, on se retrouve lynché sur la toile par des inconnus. Personne n’est à l’abri, privé, public, élu, chef d’entreprise, chercheur, artisan, libéraux…. PERSONNE.

Depuis quelque temps, les gens se rendent compte que la presse ment, qu’elle oriente, cache, embellit, détourne, évite, encense ou diffame sur tout ou n’importe quoi. On s’acharne sur une personne, avec les gros titres chaque jour, qui sera déboutée par la suite en ayant un encart noyé entre les décès et vente de voitures (l’affaire Fillon pour exemple) ! Les lecteurs ne sont plus dupes pour la plupart par ce que beaucoup cherchent à comprendre et recoupent les informations, d’autres ont vécu des faits narrés différemment dans la presse (13 novembre, attentats de Paris, j’ai entendu des témoins présents au stade de France et nous savions pour les mutilés du Bataclan dont le nombre de victimes approche des 300), certains trouvent trop grosse la couleuvre à avaler (attentat du 11 septembre à NY trop controversé), quant à d’autres ils considèrent improbables certains faits (récemment le supposé suicide du juge Lambert) !  Finalement, puisque la presse montre l’exemple, pourquoi les gens n’en feraient pas autant ! Les trolls se sont développés de cela aussi et s’en donnent à coeur joie. Sans oublier d’autres risques e-réputation plus fréquents tel un client mécontent qui ne prendra aucun gant pour dire ce qu’il a à dire envers une entreprise ou un produit qui n’a pas répondu à ses attentes. Que cela soit vrai ou pas, le commentaire sera posté et lu par tous.

Karpesky estimait il y a un 2 ans que d’ici à 3 ans 95% des entreprises dans le monde seraient victimes de cyberbullying et devraient travailler leur e-réputation.

Il est de plus en plus connu que ces faits existent. Les personnes dotées d’intelligences analytiques considèrent ces cyberbullying usant notamment de la presse afin de cimenter l’objectif de nuire envers une personne qui dérange. Qu’importe si les preuves n’existent pas, les rumeurs vont bon train sur les réseaux sociaux surtout Tweeter, considéré comme le réseau social le plus polémique.

Lorsque la presse vous diffame, les sociétés d’e-réputations ne sont pas en mesure de nettoyer votre réputation au regard de cela ni même la CNIL. La raison est simple : la presse a tout pouvoir au nom de sa liberté. Qu’importe qu’elle fût payée pour vous détruire, qu’elle ne dispose pas de preuves, qu’elle oriente des faits réels et confidentiels, elle a tous les droits. Et je suppute qu’elle sait remonter le référencement de ses articles à la surface à des fins d’appuyer votre destruction. Comprenons donc aussi qu’elle a le droit accordé et reconnu de vous détruire et de vous harceler en ligne, alors que cette même presse critiquera tout cyberbullying !

La concurrence, souvent initiatrice de cyberbullying, oeuvrera pour votre destruction de réputation en ligne. Nous avons constaté que les trolls publient des faux commentaires sur votre hôtel, votre produit, votre entreprise, votre association, votre enfant, voire votre personne. Le doute s’installe systématiquement face au lecteur non avisé et surtout non réfléchi. Le client mécontent ou déplaisant saura trouver les mots pour dévaloriser votre service, les défauts de votre établissement, les failles de votre structure. Parfois en rapportant ce qu’il a entendu et non vécu !

J’ai entendu des entrepreneurs me dire qu’ils s’en fichaient, que ça passerait ! Peut-être ou pas ! Personnellement, je n’ai pas vu d’aspects positifs à l’entreprise victime de trolls et autres cyberbullyers. Ces commentaires servent aussi à d’autres cybercriminels… dont pour le ransomware!

Le commentaire peut être supprimé parfois, mais tout reste sur internet. Dans tous les cas, le chiffre d’affaires, la réputation et notoriété diminuent à vous en faire perdre parfois la santé, ou la vie !

Vos propres collaborateurs rentrant du travail se défoulent sur les réseaux sociaux et se livrent à des propos souvent anodins, parfois confidentiels sur leur journée de travail comme ils discutent avec leur proche dans leur salon. La toile garde tout et analyse chaque propos (n’oublions pas l’IA qui ne sert pas qu’à des aspects positifs), les véhicule, les déforme, les développe. C’est ainsi qu’on se retrouve à lire sur Tweeter qu’un restaurant Kebab est fermé pour cause de manquement à l’hygiène après que son propriétaire se rende compte qu’il n’avait plus de client alors que l’établissement tournait à plein régime. C’est ainsi qu’on perd des marchés et contrats (parfois signés!), affichant 40% de perte de chiffre d’affaires avec les incidences de perdre sa femme et sa maison, pour s’apercevoir que des jaloux (l’homme en question est un VIP) voulaient la notoriété et des parts de marché sur le même secteur géographique. C’est ainsi que la restauratrice à Nice lors de l’attentat de Nice s’est vue lynchée sur la toile pour être une méchante qui refusait de protéger des passants, alors qu’elle ne faisait que répondre aux ordres des forces de l’ordre de protéger les siens (B.A. BA en sécurité !).

La bêtise sur la toile est sans limite et obstrue la réflexion des internautes! Un mot, et le déclencheur se met en place pour révéler sa vraie nature sur la toile. Alors que dans le monde réel les agissements seraient tout autre et exigeraient plus de réflexion, voire d’analyse avant d’acter. La lâcheté se révèle également d’autant qu’ils s’autorisent à diffamer, injurier derrière l’écran alors que de visu ils en seraient incapables.

La surprise, l’effroi, l’horreur sont autant d’émotions premières face à ces diffamations. La perte de contrôle, le questionnement du « pourquoi moi », le  » comment je vais faire? », le « ce n’est pas possible! », surviennent avec un stress important. Il faut dans tous les cas gérer, affronter cela au cas par cas selon qui vous êtes, votre environnement, la cible et ses objectifs. Ce dernier point est crucial afin de limiter les dégâts à venir et que cela ne se reproduise.

L’e-réputation n’est pas à négliger et tout comme la sécurité, il vaut mieux prévenir que guérir. Les dégâts peuvent être très lourds voire irréversibles. Il est à noter que bien souvent une mauvaise réputation sur la toile se découvre en dernière minute (tel découvrir sur Google un faux commentaire), face à des faits concrets dans l’espace réel (telle la perte de contrats signés), constatant une fuite de son entourage (sextape filmée à son insu et divulguée à ses proches ayant un impact dans la vie professionnelle aussi), et combien d’autres cas qu’ont vécu notamment mes clients !

Tous s’accordent à dire qu’ils n’ont pas pensé à bien gérer leur image sur le web. Ce n’est pas facile ! Ce n’est pas intuitif ! Souvent on ne comprend même pas l’impact de nos publications sur les réseaux sociaux ou notre site web. On réagit tel dans l’espace réel sans se rendre compte que nos actes web vont dans le virtuel et ne sont pas interprétés bien souvent comme on le voudrait.

Se faire insulter dans la rue n’a qu’une faible incidence localisée et souvent retombant rapidement. Une insulte sur la toile a des répercussions sur tout ce que vous possédez de matériel, votre image, votre intellect, vos émotions, votre moral, votre santé, votre famille, vos amis, vos collègues. TOUT avec assurance de s’envenimer pour un temps incertain et long. La mesure temporelle et l’impact dans le virtuel n’ont pas d’égal dans le réel.

A défaut d’être concrètement protégé, que notre droit à l’image soit traité de façon neutre et objective, il faut apprendre cet espace virtuel et adopter notre communication visuelle, verbale en conséquence et selon ce que nous sommes et représentons. Il faut anticiper, repenser sa communication, informer et former. Guérir dans l’espace virtuel est un parcours du combattant semé d’embûches qui ne sera jamais propre. Alors protégez-vous, formez-vous, évaluez votre e-communication autant que possible avant qu’il ne soit trop tard.

Nadine TOUZEAU
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

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Quelques indicateurs que j’ai observés depuis quelques années en analysant au travers des réactions d’autrui, le comportement sur les réseaux sociaux.

J’ai constaté plusieurs indicateurs de profils génériques avec des comportements en réseaux que j’ai regroupé en quelques familles nominatives comme suit :

Par Nadine TOUZEAU

Quels profils virtuels peuvent influencer notre comportement ?

  • Le « suiveur » : il suit des personnes accompagnant d’autres personnes souvent plus brillantes ou ayant une forte présence sur la toile sans forcément avoir une opinion tranchée, juste se sentant à l’aise avec les écrits ou un leader et sans réaction excessive. Il suit plus une ou des personnes, groupe qu’une pensée. L’influence comportementale est globalement une perte d’identité et le risque d’un dérapage en dommage collatéral suivant des comportements des personnes qu’il suit, sans obligatoirement le faire changer d’opinion. Il se reposera sur les écrits sans vraiment réfléchir ou avoir lu les propos. Dans le monde réel cela s’apparenterait à une accolade amicale avec un « je te suis » sans résistance. Dans le virtuel le suiveur se repose totalement derrière son écran « il l’a dit donc c’est bien » et sans mesurer les incidences. Il apparaîtra comme une bon petit soldat, alors qu’il pourrait juste avoir envie de survoler pour soutenir et combattre autre chose par ailleurs. Dans le réel il pourrait ne rien combattre du tout. Ce type de profil n’est pas dangereux une fois décelé et peut remettre en question son opinion face à des éléments concrets.
  • L' »influenceur » : il se démarque et propose une opinion, idée, nouveauté qui interpelle, dérange ou répond à des attentes. Comme son nom l’indique, il reste sur son chemin sans se préoccuper de ce que les autres peuvent dire. Linéaire, solitaire et indépendant, il attirera de nombreux type de profils adhérents ou pas à ses idées, expertises, etc. Il « maîtrise » son sujet, se démarque et est considéré en tant que tel sans jugement, sans toujours partager ses points de vue, mais avec respect. Son comportement sera plus de faire passer ses idées, connaissances sans influence ni intérêt réel pour le reste. Ces profils sont des leaders probablement plus dans le monde réel que virtuel, ils sont congruents, non influençables et alimenteront des personnes et structures en manque de souffle . Ils seront de faits très copiés et suivis, critiqués et admirés. Le danger de ses profils est la peur que les autres peuvent en avoir face à la nouveauté ou à la popularité de ces « influenceurs ». Ce type de profil est donc plutôt en danger et est une cible parfaite.
  • Le « radical » : profil qui est orienté ou leader pour défendre des opinions coûte que coûte. Il réagira au moindre appel de ses « troupes » ou sur un moindre mot ou post qui, majoritairement, sera mal interprété et sorti de son contexte. Adulé par ses acolytes, il perdra crédibilité par les autres. Les « radicaux » pourraient passer pour des « sauveurs et redresseurs de torts », ils resteront en vase clos à s’auto-alimenter de leurs soit-disantes success stories. Ceci peut essouffler la personne et le mouvement à faire avorter les projets ou mener au burn-out. Leur comportement est spontané, irréfléchi, fermé, orienté et vif, parfois agressif. Ils sont très influençables par les informations diffusées sur les réseaux sociaux à partir du moment que cela ente dans leur combat. Ils fonctionnent en bande sans obligatoirement se connaître et communiquent beaucoup entre eux avec pour moteur leur sujet de prédilection. Ils seront utilisés par des personnes malveillantes sans qu’ils ne s’en rendent compte, se sentant même valorisés. Dans le jugement de l’autre, ces profils sont les plus dangereux sur la toile et ont un potentiel de cyberbuyller.
  • Le « silencieux » : peut correspondre à plusieurs types de profils. Recherche d’informations, souhaitant s’informer, ne pouvant s’exprimer, refusant de se montrer sur la toile… tout est possible et ces profils ne sont pas à négliger. Il faut en décrypter les codes. Son comportement sur le web ne sera pas aussi caché qu’il le voudrait. Bien souvent ils se cachent par obligation propres à leur profession, propre à leur phobie ou propre à leur devoir. C’est donc une contrainte qui ne cachera pas d’autres comportements qui les feront sortir du bois. Ils ont souvent un ou plusieurs autres comptes, parfois sous leur vrai nom. Il faut se méfier des profils silencieux tant qu’on ne connaît pas leur « mobile ». Les cybercriminels de tout type sont des chercheurs silencieux.

Nonobstant, ses quatre grandes familles réseaux comportementales sont liées. Elles ne peuvent exister l’une sans l’autre. Et ce qu’il y a de plus surprenant, c’est que si majoritairement on se situe à un niveau, nous pouvons parfois avoir un comportement d’une ou plusieurs autres de ses familles que je cite.

L’interactivité des réseaux sociaux modifie en cas de forte utilisation le potentiel de discernement, soit par fatigue, soit par oubli d’analyser majoritairement sur des profils « influenceurs » et silencieux surtout. De fait, notre comportement sur le web s’est adapté et modifié en conséquence (et d’autres sujets non évoqués dans cet article). Il est intéressant de constater que dans la vie réelle, les incidences existent.

Notre baseline restera ce qu’elle est dans son origine, mais elle pourra être modifiée par un déclencheur, une faiblesse, une mauvaise interprétation… qui fera que l’on reproduira nos actes virtuels dans le monde réel. Pour exemple : nous lisons dans la presse qu’il y a de nombreuses grèves et avons peut être échangé sur la toile sur le sujet. Prenant un verre en terrasse de café, un mouvement de foule se fait entendre et inconsciemment la notion de grève sera prédominante dans la majorité des esprits… alors qu’il s’agit d’un mariage ! Ce comportement est plus actif chez  « les radicaux » qui agiront instantanément sur un mot, un post, un appel afin de faire passer leurs opinions en contrant le message sans se rendre compte que le sujet n’a rien à voir. Dans le monde réel aussi ! Ils ne décrochent pour ainsi dire pas.

Ce type de déclencheur avec une opinion précise et connue chez les victimes de traumatismes. Mais nous évoquons le monde réel. La transposition de notre vécu virtuel se fait ressentir et une des questions que je compte développer c’est : quand, à quel moment, de quelle manière et combien de temps selon quel type de profil ! La frontière comportementale entre le réel et le virtuel n’est pas si fine que cela.

Nadine TOUZEAU
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

Le harcèlement est enfin reconnu dans notre pays à en être intégré dans les RPS. Il reste très probablement du chemin à faire afin d’en peaufiner son encadrement et sa résolution. L’essentiel est que cette reconnaissance soit enclenchée.

Il est évident que la cybercriminalité doit faire étendre cette reconnaissance sur le e-harcèlement ou le harcèlement en utilisant internet, sous quelque forme que ce soit.

Dans mon livre, « Net-profiling : analyse comportementale des cybercriminels », j’évoque ce sujet.

N’oublions pas qu’une personne fragile pour diverses raisons est la cible idéale. Commettre des (e-)harcèlements sur un profil « bien dans sa tête » ne prendra pas aussi facilement ! Un harcèlement subit a un impact violent qu’il soit fait dans le monde réel ou dans le monde virtuel. Toutefois, il est souvent relevé à juste titre que la différence est notoire entre les deux univers. En voici quelques raisons.

Il est nécessaire tout d’abord intégrer que le e-harcelement est effectué par un être humain malveillant ou maladroit (ce qui est plus rare), soit une personne qui vit dans le monde réel. Le ressenti n’est pas évident sur une victime de e-harcelement surtout si elle ne peut l’identifier.

Dans le monde réel, être victime de harcèlement se fait sur un univers clos et visible : on connaît l’endroit et on voit les personnes tout en s’en imaginant parfois de façon exagérée l’étendue. L’identification est plus simple à faire dans notre cerveau et sur notre affectif. Le fait de savoir où cela se passe aide à évaluer du harcèlement à la douleur qu’elle procure. On mesure sa zone spatiale bien plus facilement que dans le virtuel.

Mais ce que le virtuel autorise et toutes personnes malveillantes l’ont bien compris, c’est que les coups bas sont faciles. Pour une raison trop souvent occultée, l’avatar est activé pour se venger dans un univers sans frontières, limite et transversal. Je m’explique. Si une personne souhaite se venger de vous, dans le monde réel elle devra soit vous affronter seule et si vous avez du répondant ça sera plus difficile, soit devoir appuyer sa vengeance en s’entourant d’autres personnes pensant comme elle ou lui, ce qui sera plus contraignant pour la victime de se défendre. Alors que dans le monde virtuel, il suffit juste de se lâcher et sortir tout ce qu’on n’oserait pas dans le monde réel jusqu’à parfois se cacher sous une identité quelconque.

Ne pas mesurez qui est derrière cela et pourquoi on n’ose vous faire ceci est terriblement frustrant pour la victime. Comment répondre objectivement? Qui nous prend au dépourvus? Pourquoi moi? Est-ce que je connais la personne? Est ce vrai ! …

Les mesures dont nous disposons dans le monde réel n’ont plus court d’autant que la victime a rarement les moyens de répondre face à l’avatar du contexte ! C’est même l’un des objectifs ; faire en sorte que la victime soit sonnée brutalement sur un court terme sans pouvoir se débattre, tel un K-O sans s’imaginer devoir monter sur un ring !

Il est à noter aussi que le fait de répandre les propos et actes de harcèlement sur la toile envenime la chose sur les profils publics qui seront témoins involontaires de la situation… Internet à favorisé cette option dont les auteurs en mesure rarement la portée à le regretter bien souvent. Toutefois, chaque témoin de ce e-harcelement sera rarement silencieux puisque le jeu sera mené par le harceleur de façon à impliquer d’autres personnes dans ses actes manipulateurs. Les témoins se verront dans l’obligation de s’engager afin d’aider le harceleur qui sera positionné en victime, le rôle du manipulateur!  Ce qui entraînera d’autres rebonds de violences verbales difficiles à accepter par la vraie victime venant de gens qui ne la connaissent même pas et pourtant la juge!

La violence verbale est sur les 5 toxicités « parentales » de Susan Forward, la pire de toute. Les mots ont de lourds maux qu’ils faut soigner sans en négliger les impacts à long terme.

Enfin, la presse aime à monter en épingle les victimes de ces e-harcèlements dont certaines ont mis fins à leur jour. S’est-elle elle-même posé la question si elle ne faisait pas aussi du e-harcelement en ligne en proférant des propos sans preuve sur des personnes à qui on refuse une écoute? Le propre même de l’investigation qui exige aussi d’être au plus près de la neutralité !

Nadine TOUZEAU
Profiler, Net-profiler

Le comportemental prend sa place dans notre société sans compenser le retard accumulé en France dans certains secteurs d’activité (investigations par exemple). Ces étapes grillées occultent des informations essentielles pour mieux appréhender l’Intelligence Emotionnelle. Le corps ne ment pas, mais il réagit face aux différents facteurs qui l’entourent : du son, à l’odeur, au bruit, à la voix, l’interprétation des émotions, de comportement, etc.

Tous ces facteurs ne peuvent être modélisés, d’autant que l’humain interprète et réagit en fonction d’autres éléments : la peur, la colère, l’incompréhension, la fatigue…

Dans l’article ci-dessous (très bien construit et de qualité du reste), une vidéo met en avant un échange verbal entre un homme réel et une femme virtuelle.  Pour un néophyte, on s’y croirait, pas pour un professionnel du comportement. Il y a de très nombreuses incongruences qui montrent combien le décalage est grand entre l’homme et la machine. On constate par exemple dès le début le « Hi », elle ferme les yeux, met la tête en arrière. A 0.15 », « how are you today? », le personnage virtuel tente une expression proche du questionnement de type enquête, alors qu’une expression joviale, conviviale ou courtoise lors d’une conversation entre deux personnes tel que suggéré par l’homme semble de mise. A 0.20 », elle est carrément pas dans la conversation avec un semblant de questionnement de ses yeux… Mais c’est un bon début!

L’interprétation d’autrui se fait en fonction de ses propres schémas : quelqu’un qui cligne l’oeil de telle manière est interprété différemment selon les profils, humeurs, contextes, etc. et traduit parfois le contraire de ce qu’on veut faire passer comme message. Sachant que l’effet de mode et culture est à prendre en compte : un salut de la main peut faire que le geste est considéré comme une insulte dans une autre culture. D’où l’intérêt pour certain de faire du comportement un langage corporel unique et universel, soit modéliser le comportemental ! Ce qui serait dangereux pour la survie de l’Homme.

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/10/12/intelligence-artificielle-une-machine-peut-elle-ressentir-de-l-emotion_4787837_4408996.html#hAooWEMZpwxi8yU4.99

Dans la mesure où l’humain est unique, je ne vois que deux solutions concernant l’avenir de cette Intelligence Emotionnelle :

  • soi l’humain se synchronisera dans le temps avec la machine Intelligente Émotionnellement et donc oui la machine aura le dessus sur l’homme qui quant à lui déclinera,
  • soi l’humain garde sa place et n’est pas remplacé par les machines qui resteront limitées en modélisation  de la reproduction de l’humain! C’est à mon avis tout l’enjeu des années à venir.

Le sujet est préoccupant sachant que l’homme est considéré comme le pire prédateur. Le sera-t il aussi pour lui-même?

Toujours est-il, c’est que notre métier devra tôt ou tard travailler sur l’émotionnel des robots.

Nadine TOUZEAU
Net-profiler

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The behavior take its place in our society without compensating the delay by France in some sectors (eg investigations). Giving these steps a miss detain essential information to better understand Emotional Intelligence. The body does not lie, but it reacts to different factors that surround it: the sound, the smell, noise, voice, interpretation of emotions, behavior, etc.

All these factors can not be modelized, especially as the human interprets and reacts to other things: fear, anger, misunderstanding, tiredness …

In the article below (built very well and quality), video highlights a verbal exchange between a real man and a virtual woman. For a neophyte, we believe, not for professional behavior. There are many incongruities that show how the gap is large between man and machine. For example, we see from the beginning the « Hi », she closes her eyes, put her head back. A 0.15  », ‘how are you today? « , The virtual character tries a similar expression of the type of survey questions, then an expression jovial, friendly and courteous during a conversation between two people as suggested by the man seems appropriate. A 0.20  », it is not altogether in the semblance of a conversation with questioning eyes … But it’s a good start!

The interpretation of others is according to its own patterns: someone who winks the eye so is interpreted differently in different profiles, moods, environments, etc. sometimes translated the opposite of what we want to convey as a message. Knowing that fashion and culture effect is taken into account: a salvation from the hand can make that gesture is considered an insult in another culture. Hence the interest to make sure the behavior a single universal body language, or behavioral model! Which would be dangerous for the survival of humanity.

To the extent that the human is unique, I see only two solutions regarding the future of the Emotional Intelligence:

  • the human will synchronize time with Emotionally Intelligent Machine and so yes the machine will have the upper hand on the man for his decline,
  • the human self keeps its place and is not replaced by machines that will remain limited in modeling the reproduction of the human! This is in my opinion the challenge of coming years.

The subject is worrysome knowing that the man is considered as the worst predator. Will it be also for himself?

Still, our business will sooner or later work on the emotional robots.

Nadine TOUZEAU
Net-profiler