MESSAGE DE DANIEL REMY : complémentarité professionnelle

Nadine Touzeau et Daniel Rémy

Nadine Touzeau (profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels) et Daniel Rémy (Gestion des risques sécuritaires entreprises))

Chère Nadine,

Permettez-moi de saluer la pertinence de votre démarche en matière d’analyse comportementale des cybercriminels.

L’ouvrage que vous lui avez consacrée a, en outre, le privilège d’être préfacé par un de mes amis très chers, Christophe Naudin, un très grand professionnel aujourd’hui pris dans la tourmente d’une affaire qui le dépasse : tel est le risque majeur auquel sont exposés les rares experts véritablement indépendants qui tiennent un discours de vérité, là ou d’autres n’éprouvent aucun complexe à « torturer les faits » en échange de généreuses gratifications.

Oui, chère Nadine, vous avez bien raison de mettre l’accent sur le comportement des criminels car, si  j’ai survécu, jusqu’à présent, et si j’ai pu éviter des dommages souvent irréversibles à bon nombre de clients prestigieux, c’est précisément grâce à la prise en compte, systématique, du « facteur humain ».

Tandis que des mathématiciens d’exception se lancent dans une course effrénée à la recherche de nouveaux algorithmes sensés résoudre les problèmes les plus complexes, chaque jour la preuve nous est rapportée qu’un sombre inconnu, totalement inculte et passablement « dérangé » est en mesure de commettre les pires crimes et de générer des désordres à l’échelle planétaire.

Les responsables en charge de la gestion des risques et des menaces, publics ou privés, sont le plus souvent désarmés devant des événements qu’ils qualifient « d’imprévisibles », se retranchant derrière cette idée reçue selon laquelle « la sécurité à 100% n’existe pas »… Une échappatoire bien commode qui permet de s’exonérer de ses propres responsabilités, là où bon nombre d’experts dignes de ce nom se contenteraient volontiers de 90%, un pourcentage dont nous sommes très éloignés.

Cet écueil tient principalement au fait que les « gestionnaires du risque » ont une approche beaucoup trop cartésienne des problèmes. Savent-ils seulement qu’un « cancre génial » du nom d’Einstein prétendait que « l’intuition n’était rien d’autre que l’intelligence en excès de vitesse… » ? Ignorent-ils également que cet illustre scientifique ne craignait pas d’affirmer que « la connaissance s’acquérait par l’expérience, tout le reste n’étant que de l’information… » ?

Il en va  de même pour les experts financiers qui en oublient que sans confiance (un facteur on ne peut plus subjectif…), il n’existe aucun business model pérenne.

Quant aux services de renseignement, à commencer par la CIA et le Département d’Etat américain, après avoir longtemps considéré que le renseignement électronique constituait la « clé de voûte » de la sécurité nationale, ils ont fini par comprendre que rien ne saurait jamais être aussi  efficace que le renseignement humain et la manipulation des sources.

J’espère que nous aurons l’occasion de travailler ensemble, autour de dossiers complexes, là où les fameux « experts autorisés » échouent régulièrement. Vous et moi savons combien le cerveau humain constitue un champ d’expérimentation aux ressources infinies, pour le meilleur comme pour le pire.

Bien sincèrement,

Daniel REMY – Daniel Rémy Conseil

Daniel Rémy est auditeur de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN) et de l’Institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure (IHESI).

Ancien Président du Syndicat National des Professionnels de la Protection et de la Sécurité (SNPPS), Daniel Rémy est l’auteur d’ouvrages ô combien prémonitoires :

  • « Qui veut tuer la France ? La stratégie américaine… » (1ère édition : 1999), un livre consacré aux armes de la guerre économique.
  • « La France des talibans : République cherche repreneur… » (1ère édition : 2001), un pamphlet sans concession qui, déjà, analysait les causes de la faillite de l’entreprise « France ».
  • « Pour l’humour du risque… » (2011), un ouvrage décapant qui démontre combien le sacro-saint « principe de précaution » est très loin de constituer la meilleure des assurances tous risques.
  • « Terrorisme et sécurité : ils nous prennent pour des cons… », (2016), un ouvrage qui nous fait pénétrer dans les coulisses d’une profession totalement méconnue du grand public.

Il est également à l’origine de nombreux articles, débats et conférences :

  • Guerre économique et stratégies indirectes (Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale)
  • Compétitivité économique mondiale et défense de l’intérêt national (Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale)
  • La désinformation dans l’entreprise (Assises internationales de la désinformation)
  • Où sont passés les terroristes ? (Terrociel)
  • L’espionnage industriel et commercial (Chambre de Commerce Internationale)
  • Intelligence économique : recueil et valorisation de l’information (STE/Aérospatiale)
  • L’information stratégique et la gestion de crise (Centre de Perfectionnement aux Affaires)
  • Profession : chasseur de risques (Revues de la « Défense » et du « Medef »)
  • Vers une nouvelle approche de la gestion des risques : esquisse d’une définition du Risk Management (Conseil Général des Ponts et Chaussées ; affaires scientifiques et techniques)
  • Violences et délinquance urbaines (Forum du Futur, Assemblée Nationale, Association des Maires d’Ile-de-France)
  • Violences et délinquance dans les établissements d’enseignement (Présidence de la Région Ile de France)
  • Sécurité publique/Sécurité privée : « je t’aime moi non plus… » (En toute Sécurité)
  • Sécurité/Délinquance : une exception française de plus à ranger au chapitre du clivage « gauche-droite » (L’Elu local).